Ma perte...

lundi, 4 juin 2018


Le vendredi 25 mai dernier, j'ai perdu quelqu'un proche de mon cœur. Ma grand-maman. Il faut comprendre qu'au courant des 10 dernières années, j'ai développé une relation privilégiée avec elle puisqu'elle habitait chez mes parents. Ma grand-maman, je la voyais à toutes les semaines et je l'adorais... Je sais que 87 ans, c'est un âge respectable pour quitter le monde terrestre, mais reste qu'elle laisse un grand vide.


J'avais envie de partager avec vous ce que j'ai composé comme témoignage pour ses funérailles le 2 juin dernier, le jour de, ce qui aurait été, son 88e anniversaire: 

J’ai d’innombrables souvenirs de ma grand-maman en tête… Des souvenirs magnifiques. Lorsqu’on était jeune et qu’on portait fièrement notre tablier sur lequel elle avait pris soin de coudre à la main notre nom. Ou plus vieille, lorsqu’elle me donnait de sages conseils alors que j’arrivais chez mes parents, un peu perdu dans mon rôle de mère et par tout ce que les gens me disaient sur ce qui était normal ou pas. 

Mais laissez-moi vous résumer ma grand-maman avec une simple histoire. 

Ma grand-maman aimait ses enfants et ses petits-enfants, mais ses arrières petits-enfants… c’était fort. Les bébés… Ses tototes, ses ti prout, ses titis, ses foin foin…. Ses amours. 

Depuis plusieurs années, elle s’était donnée pour mission de confectionner une doudou pour ses nouveaux arrières petits-enfants. Et ça, c’est sans compter toutes les autres doudous qu’elle tricotait pour les enfants de ses amis et les gens de l’église dans le besoin, qu’elle considérait aussi comme sa famille. Des doudous tricotées à la main, avec amour, elle en a fait… beaucoup.

C’est d’ailleurs de cette façon que j’apprenais les scoops ! C’est en voyant grand-maman faire une doudou que j’ai su que mon cousin Jonathan et sa conjointe attendaient un troisième bébé. Que ma cousine Catherine et son conjoint attendaient leur deuxième. Que mon cousin Jean-Philippe et sa conjointe, leur tout premier. Je l’ai vu faire celle de mes cousines Sara et celle de Lynda-Marie. 

Un soir dernièrement, je suis allée dans sa chambre la saluer comme je le fais à toutes les fois où je vais chez mes parents. Une autre doudou était en préparation. J’espérais bien avoir un autre scoop. En fait, cette doudou était pour moi. Pour mon futur bébé qui n’existe pas encore. Je lui avais parlé à quelques reprises que je voulais peut-être un autre bébé. Rien de certain, mais que ça me trottait souvent dans la tête. Et il faut comprendre que pour mon garçon Eli, la doudou de Mamie, c’est du sérieux. Elle a d’ailleurs dû lui en faire une deuxième pour la garderie, car si j’avais le malheur de l’oublier… Gare à ma nuit. La voyant faire cette doudou pour mon bébé qui n’existe pas encore, ça m’a surpris, mais je n’ai pas posé de questions… Maintenant je comprends… Je comprends qu’elle devait sentir qu’elle commençait à manquer de temps. Qu’elle ne serait peut-être pas là pour mon deuxième. 

Ma mère m’a appris qu’elle avait finalement terminé ma doudou entre ses deux hospitalisations. Malade, souffrante. Elle a continué à tricoter. Et dans son garde-robe, des doudous et des cadeaux emballés avec des cartes pour les futurs enfants de Catherine et Lynda-Marie… Des pantoufles tricotées pour Diane. C’était ça ma grand-maman. Penser à tout le monde.

Mais le vendredi 25 mai dernier, pour l’une des rares fois de sa vie, elle a pensé à elle. À combien elle était fatiguée. Je dois l’avouer que je me suis rendue à l’hôpital vendredi dernier avec la ferme intention de la manipuler. Moi, je n’étais pas prête. J’avais même amené mon arme secrète… Eli. Elle était si heureuse de le voir, mais la fatigue était trop forte. Et en moins de 48 heures, c’était terminé.

Je me dis que je suis choyée d’avoir partagé cette relation privilégiée avec elle… Et qu’elle va beaucoup me manquer, mais que j’aime croire qu’au ciel, elle n’est pas assignée à tricoter des doudous, parce que c’est fatiguant tricoter autant de doudou, mais qu’elle a pour mission de bercer des bébés… Tous les bébés qui nous ont quittés beaucoup trop tôt…. Louis, Victor et sa petite Line (sa fille décédée à l'âge de 11 mois), qu’elle retrouve enfin.
 
Je t’aime grand-maman. Bon repos.
 

 





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